Eglise Protestante Unie de Houilles
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Prédication du jour de Pâques

mercredi 7 avril 2010, par Françoise Sternberger

La journée bien remplie des pèlerins d’Emmaüs ! Luc 24, 13 à 35

Les pèlerins d’Emmaüs reviennent à Jérusalem

Ce récit biblique de l’histoire des pèlerins d’Emmaüs , récit d’apparition, a le mérite en ce jour de Pâques de déplacer la question que nous posent habituellement les récits de résurrection.

A l’aube du matin de Pâques, au tombeau avec les femmes des Evangiles, premières témoins, la toute première question était : où est-il ? Est-ce vrai qu’il n’est plus parmi les morts ? Comment cela serait-il vrai, possible ? Question des femmes comme de Pierre et des autres disciples d’ailleurs. Ils sont comme tétanisés en cette 1ère heure du troisième jour devant le tombeau ouvert.

Avec les disciples d’Emmaüs, sur ce chemin, ce même troisième jour, nous assistons à un changement radical de comportement de Cléopas et de son ami... Ils iront jusqu’à faire demi tour et repartirons pour un nouveau départ vers Jérusalem, là où ils pensaient qu’il n’y avait plus rien à vivre, plus rien à dire... La question n’est plus : est-ce vrai que le Christ est ressuscité ? Mais qu’est-ce que cela change ?

Qu’est-ce qui change ?

Ou plutôt qu’est-ce qui s’ouvre ce troisième jour ?

Qu’est-ce qui s’ouvre au-delà de ce tombeau ouvert ?

Dans ce récit d’Emmaüs, beaucoup de choses s’ouvrent :
- Les yeux des disciples ; Leurs yeux fermés sur leur peine s’ouvrent sur le visage du ressuscité ;
- leur intelligence s’ouvre au sens des Ecritures ;
- leurs cœurs s’ouvrent à la chaleur de la présence du ressuscité, à la joie,
- Et surtout devant eux en ce jour qui commençait si mal s’ouvre un avenir, un avenir tout neuf et une espérance nouvelle. Ils ont maintenant devant eux un avenir ; Ils portent en eux une espérance. Cela change tout.

Un avenir !

Un avenir qui est d’abord celui de Jésus. Si quelque chose d’unique advient ce matin là, s’ouvre avec le tombeau vide, avec la résurrection du crucifié, c’est d’abord un avenir à Jésus, un avenir à Dieu.

Ce tombeau vide indique qu’il y a un au-delà de la mort de Jésus, un au-delà à ce que l’on croyait être l’abandon de Dieu, et donc une victoire sur la condamnation des hommes, sur le jugement, la malédiction,

Il y a un avenir de Dieu et L’avenir de Dieu ouvre un avenir aux hommes. Avec la capacité d’envisager l’avenir, naît l’espérance. Espérance des choses que l’on ne voit pas encore. L’avenir, n’est pas tout à fait pas le futur. Il ne s’agit pas de connaissance du futur, ce que nous serons chacun, mais de pouvoir penser l’avenir, que ce monde, cette terre, a un avenir, et que l’homme, peut espérer plus haut que toutes les croix du monde. Quelque chose est “re-suscité” à nouveau dans le cœur de ces hommes.

Ce jour de Résurrection est le lieu véritable de la naissance à la foi chrétienne, cette Foi en un avenir, cette Foi qui espère.

Reprenons d’abord le récit de cette démarche de foi nouvelle pour ces deux hommes pèlerins d’Emmaüs :

Les disciples connaissaient l’enseignement de Jésus. Qu’il parle du bonheur, de la justice, de repentance ou de sa propre mort, ils voyaient et entendaient les paraboles, comme les enseignements ou les miracles. Ils connaissaient et attendaient le libérateur.

Mais il ne suffit pas de connaître pour croire.

Mis au pied du mur, ce vendredi saint, tout s’est écroulé. Comme s’ils n’avaient encore rien appris, compris. Trois jours après c’est déçus, découragés, sombres qu’ils prennent le chemin du retour comme si, de ce compagnonnage avec Jésus, de toutes ces paroles partagées, de ce savoir, il ne restait rien de vivant, de vivace, Rien qui pouvait susciter en eux une espérance folle, à part peut-être cette rumeur... On dit qu’il est vivant, mais cela ne leur suffit pas pour le reconnaître, ressuscité, vivant. Tel qu’il s’était annoncé.

Et pourtant, même s’ils sont, comme le dit Jésus, stupides et lents à croire, (!) le tombeau de Pâques ouvert sur un vide incompréhensible ce matin même, pour eux devient au soir de ce jour le lieu d’un nouveau départ vers un avenir qui leur est maintenant grand ouvert

Tout va se jouer autour de deux évènements fondamentaux qui sont comme des déclics pour la foi des disciples et pour nous aujourd’hui :

1. la question du sens

Jésus se fait pour eux l’interprète de la bible depuis son commencement. Son interprétation du scandale de sa mort, vient donner un sens à ce qui les accable aujourd’hui : le non sens, l’absurde, le vide. Sa résurrection, promise et réalisée, vient contredire ce que la croix, symbolise de fin, d’échec, d’abandon. Au contraire, leur dit-il, elle est le lieu de la Gloire de Dieu, une gloire qui fait contrepoids, pourrait-on dire car le mot gloire veut dire poids, contrepoids à toutes les condamnations. Contrepoids au pouvoir de la mort de tuer l’espérance et le désir de vivre.

Jésus donc ouvre les Écritures, il intervient dans leur questionnement sur les évènements. "Notre cœur ne brûlait-il pas en nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait le sens des Écritures ?"se souviennent les deux hommes.

L’évènement de Pâques n’est pas l’ Happy End d’un film à grand public, il est le lieu d’une interprétation, d’une relecture, que ce soit personnellement, au catéchisme, en Église ou sur un chemin. Le lieu d’une démarche de reconnaissance et de sens. C’est aussi un des sens du mot religion, relire nos vies, relire nos vies à l’éclairage de la Parole pour y trouver du sens. Le sens alors donné à nos questions d’hommes et de femmes êtres en devenir, est une ouverture à une véritable reconnaissance du Christ et à une véritable espérance.

Un sens donné et partagé non seulement de façon cérébrale mais vécu de tout notre corps par ce signe du partage du pain et du vin ;

2. le partage

Ce geste du partage leur ouvre les yeux.

Ils pourront reconnaître dans ce geste familier de jésus de rompre le pain pour la multitude, pour ses amis, Jésus comme leur Seigneur et Sauveur. Ils pourront reconnaître et ce de façon fulgurante que l’avenir est enfin ouvert pour eux, même quand lui n’est plus visible, visiblement à leurs côtés, grâce à cette chaleur intérieure, ce feu en eux. Le changement véritable est là, dans leur cœur où brûle un élan tout neuf.

Cléopas et son ami reprennent aussitôt la route pour Jérusalem, en sens inverse, eux-mêmes totalement transformés, passés de l’accablement à la joie, du désespoir à l’espérance, du repli à la mobilisation. Les voilà “re–suscités” pour une nouvelle mission. Annoncer cette espérance au monde. Et d’abord rejoindre les autres disciples.

Ce récit d’Emmaüs ne nous dit rien du comment de la résurrection, de sa vérité, mais il nous entraîne dans ce cheminement d’une démarche personnelle autour de la question de ce que l’évènement de la résurrection de Jésus change dans nos vies.

Un avenir et une espérance s’ouvrent, nouveaux, à Pâques. Ce sont des ferments de transformation et d’action dans le monde. Qui ne peuvent pas nous laisser inchangés.

Le réformateur Marin Luther a très bien évoqué cette indéracinable espérance chrétienne par cette parole devenue célèbre "Si je savais que je devais mourir demain, je planterai encore un pommier"

Un autre théologien, nous laisse cette autre formule, la mission première de l’Église, dit-il c’est d’inoculer le virus de l’espérance

Pourquoi pas dès aujourd’hui ?

Que Dieu en ce même jour de résurrection, nous emplisse de cette espérance, nous garde ouverts à l’avenir de Dieu

Amen

Françoise Sternberger

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