Eglise Réformée de Houilles
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Qui est le plus grand ?

lundi 14 juin 2010, par Françoise Sternberger

Douze disciples et un enfant sont devant Jésus. Qui sera au centre de son attention ? Un récit important pour ce Dimanche où nous célébrons les baptêmes de Matteo, Amandine, Emilie et Camille.

Prédication Dimanche 13 Juin 2010

Lecture de la Lettre aux Galates 2, 26 à 29 : il n’y a plus ni homme, ni femme en Christ

Évangile de Marc 9, 33 à 37 : Qui est le plus grand ?

1. Petit jeu d’adresse en introduction

Un bocal, un gros cailloux, plusieurs cailloux et du sable fin sont disposés sur la table ; comment faire entrer tous ces cailloux petits et grands et ce sable dans ce récipient ? Débat... Des enfants, ingénieux, proposent plusieurs solutions jusqu’à trouver la bonne.
Solution : Mettre d’abord le plus gros caillou, des cailloux de plus en plus petits puis le sable.

Une question - une réponse

La question que nous pose ce petit exercice (d’habitude utilisé pour réfléchir à la gestion du temps) est : - qu’est-ce qui est le plus important dans nos vies ?
Que faut-il mettre en premier ? Où est l’essentiel ? Quel est notre plus gros caillou ?

Ce texte apporte une réponse : Jésus met au centre un enfant qu’il accueille. Un petit enfant, un potentiel de vie. Fragile et plein d’avenir.

Ce que nous venons de faire ce matin, accueillant dans ce culte et dans notre église ces enfants.

2. Retour aux disciples

Les disciples se posent un peu le même genre de questions. Voici une équipe de 12 hommes qui accompagnent Jésus depuis quelque temps, ensemble. Ce Jésus qui leur ouvre un horizon tellement nouveau, leur apprend qu’il va être rejeté par les hommes. Il va être rejeté et même condamné à cause de ses idées, de son message, de ce qu’il représente. Il annonce donc sa mort à venir, sa mort sur la croix...

Les douze équipiers s’interrogent alors sur leur mission de disciple, comment poursuivre, comment s’organiser : qui va remplacer Jésus d’une part et saura le plus être à ses côtés dans cette épreuve ?

Qui sera le plus grand, se demandent-ils alors ?

1 ère remarque

Jésus ne leur fait aucun reproche. Il ne leur dit pas qu’ils sont orgueilleux ou naïfs. Ni que l’on n’a pas le droit de poser cette question là quand on est croyant !

( De façon générale, toutes les questions ont leur importance pour Dieu. Toutes les questions sont bonnes à accueillir, des questions qui sont justement le propre des enfants. Jésus en mettant au centre ces enfants met peut-être aussi en valeur ce questionnement de l’enfant. )

Jésus comprend la question que se posent entre eux les disciples. Mais il ne répond pas : - c’est toi ou toi le premier. Il leur donne en réponse une sorte de devinette. "Le premier, dit-il, sera le dernier, le serviteur de tous". Il nous reste à comprendre ce que cela veut dire d’être le dernier, et le serviteur de tous.

• Première partie de la devinette : "Le premier sera le dernier"

Faudrait-il s’efforcer de ne pas grandir, tout faire pour arriver toujours dernier, ne pas se faire remarquer, afin d’avoir une chance d’être le premier ? N’avoir aucune audace, taire ses aspirations spirituelles, ses rêves ? Nelson Mandela, ce grand homme de l’Afrique du Sud, honorée ces temps-ci, en pleine actualité, avait ainsi répondu en d’autres temps à la question en interpellant les chrétiens : "Vous êtes enfants de Dieu, rester à jouer dans votre école maternelle n’offre aucun service au monde d’aujourd’hui. Il n’y a rien de saint ou d’illuminé à vous rétrécir."

Il a bien raison. Parce que la foi, la confiance, l’espérance, l’amour grandit l’homme. Une foi vivante est une force qui pousse à aller de l’avant, pas à s’immobiliser. Il faut parfois monter au front !

Se mettre au dernier rang, c’est une mauvaise réponse à la devinette...

Tentons une autre réponse.
En écoutant l’évangile. Les premiers seront les derniers, et les derniers les premiers, insiste Jésus dans une autre parabole entendue dimanche dernier. De même, il dit qu’un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour pour Dieu.

Si les premiers sont les derniers et vice versa, c’est qu’en fait premier et dernier ne veulent tout simplement rien dire dans l’évangile. C’est une vision de la grandeur de l’homme qui n’est pas celle de Dieu. Si un jour est comme mille ans pour Dieu c’est que nous ne pouvons pas mesurer le temps de Dieu, connaître le jour de Dieu ; que chaque jour, chaque minute compte pour Dieu. Comme chacun compte pour Dieu. La question d’être le premier ou le dernier est finalement une question qui n’a pas de sens pour la foi. La vraie grandeur est ailleurs.

• 2ème partie : la vraie grandeur. Elle est celle du service.

Le mot service veut dire ici service des tables, accueil, restauration, refuge, entre aide, service du culte, le mot donnera diacre, diaconat.

Jésus va alors donner un exemple concret de ce service qu’il attend des disciples qui veulent se mettre à sa suite. Ce qui fait la vraie grandeur de l’homme.

Il prend donc un enfant. En ce temps là l’enfant roi, ou "le bébé est une personne" de Françoise Dolto, n’existait pas. Le petit enfant comptait tout simplement pour rien. Il n’avait pas de statut ni religieux ni légal jusqu’à ses douze ans.

Jésus ne le jette pas au milieu de la scène comme un devoir ou une contrainte, un reproche ; il le prend dans ses bras et il l’embrasse. Il le met au centre, au milieu du groupe, comme étant, ce petit enfant, le plus important dans l’instant. Un enfant qu’il suffit d’accueillir. Accueillir avec amour, avec grandeur d’âme. C’est ce que nous avons vécu tout à l’heure.

Quand les disciples rêvent de podiums, de première place, Jésus remet tout simplement en premier, la place de Dieu. Un Dieu à accueillir dans sa vie comme on accueille la vie qui nous est donnée. Comme on dit oui à l’enfant qui arrive dans le foyer familial.

Jésus cherche en ceux qui veulent le suivre une terre d’accueil. Et accueillir Dieu c’est reconnaître en Jésus celui qui n’a pas voulu être à l’égal de Dieu sur terre mais a choisi la condition humaine, de serviteur des hommes à commencer par les plus petits. Ce qui a été sa vraie grandeur de Fils élevé à la droite du père.

Si les disciples vont dans le bon sens en voulant être grands, parce qu’il est important, vital de grandir dans la foi, cette petite histoire remet en place beaucoup de choses, comme tout à l’heure avec l’expérience du bocal. Au centre de ce culte et de nos vies se propose un Dieu qui accueille, restaure tous ceux qui viennent à lui.

Si aujourd’hui nous accueillons ces enfants, c’est le Dieu qui le premier les accueille que nous recevons dans ce geste. Une autre image de Dieu que toutes les belles paroles de ces jeunes filles nous ont donné à comprendre. Une parole qui nous renvoie, parents, amis, fidèles à l’essentiel : qu’est-ce qui dans nos vies aujourd’hui, a la première place ?

Amen

Françoise Sternberger

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